Trois courses sur la Green Race, ça fait dèjà mal dormir la veille. J’ai passé une grande partie de la nuit à me remémorer les passages et les traces que j’allais prendre le lendemain surtout en open canoë où je n’ai réalisé aucune descente dans l’embarcation.
La pression est montée d’un cran lors de l’ultime meeting de tout les participants de la Green Race. Tout le monde surpris de voir le “Frenchie” avec un open canoë en plus de son bateau long et bateau court … Heureusement, le chemin pour acceder à l’embarquement ne fait que descendre donc mon kayak long sur l’épaule, mon kayak court et mon canoë je n’ai mis qu’une heure pour rejoindre le départ.

Dossard 11, mon Stinger vert pomme sous les fesses,j’attend le fin du décompte pour partir au plus vite dans “Frankenstein”. Comportant de nombreux changement de rythme il était stratégique de ne pas partire trop vite au risque de sortir de la route sur le second rapide qui donne des sueurs froide à tout le monde tant les glissades sur les rochers sont précise et impitoyable.
Une fois franchi la vrai course commencait.
“Pin cushion” est là pour vous bousiller les bras à freiner et s’enfiller dans une passe que vous devez engager à l’aveugle. La suite en un enchainement de petit seuils et de rochers à fleur d’eau à ne surtout pas toucher sous peine de rester bloquer.
La Green race se gagne avant “Go left and die” et se perd après. C’est la réalité. “Go left and die” étant à mi-course il fallait allumer judicieusement avant car les choses très sérieuses commencent. Je passe comme une lettre à la poste, rien de mieux pour enchainer la suite.
La rivière penche de plus en plus fort, il faut esquiver et parader du tac au tac afin d’arriver les muscles brulant ,le coeur bourrinant au gilet et saisir sa chance dans “the nauch”. Je franchi tout à merveille pour enfin tourner à 90 degrés et m’expliquer avec “Gorilla” juge de paix de la Green race.

Tu n’es jamais sùr. Ultime coup de pagaie puis c’est les yeux fermés que tu dois franchir l’utime rouleau qui barre la sortie du “Gorilla”.
Les cloches sonnent à tue tête. Les milles personnes aglutinés en bord de rivières crient et sifflent. Il est impossible d’entendre le grondement de la rivière. Je passe à quelques mêtre de copains postés en sécurité qui tentent de faire entendre leur encouragement. A ce moment de la course, tu ne pagaies plus car l’eau va trop vite. Asphixié ma trace se dérobe dans “Scream machine”. Accroché par un rouleau presque aussi que moi je récule pour tenter d’en sortir. Ce sera mimimum 10 secondes de perdu mais la course n’est pas encore fini. “Power slide”, “Rapid Transit” s’enchainent sur des mouvement de buste façon shooss en ski puis je vais m’échouer plein gaz sur le granit au pied du chronomètreur et stoper l’horloge. Ma montre affiche 4minutes 36. Un temps que je savais correcte.
Sans mon erreur à “Scream machine” jaurais eu un temps canon !
C’est donc un peu déçu mais plein de motivation que je remonte au départ pour la course en bateau court

Liquidlogic me prête un prototype du Remix 79. Le kayak était 3 à 4 kg plus léger qu’un bateau du commerce ! Du coup je passe d’un kayak de 3m 60 et 26 kg à 2m70 et à peine 17 kg. Un vrai karting ! Je savais que ma puissance pouvait faire la difference. Il me fallait juste faire ce que savais faire pour cette fois-ci remporter la course. J’ai exactement suivi le tempo de la rivière. J’ai composé avec le moindre changement de relief. J’ai franchi “Go left and die”encore plus vite qu’en kayak long. Je me suis senti voler dans “Gorilla” devant des spèctateurs surchauffés. Je dépose chaque toboggan avec la plus grande concentration. La course parfaite. J’ai donné et réalisé mon meilleur parcours. J’ai réalisé du 100% pure Rico. Ma montre annonce 4’47. Un temps canon !!!

Juste le temps de ranger mes kayaks et me revoilà parti à l’azimut sanglier pour mon ultime descente en canoe. Sauf que là, je ne suis pas fière du tout. Petit zizi le mec…
Cette course en OC1 est pour ma part la chose la plus dangeureuse et la effrayante que j’ai jamais eu à faire. Pas fière du tout, j’attend mon top départ. Pour ne rien arranger je cloture la compétition. Tout le monde sera là pour voire ma brasse ou une gamelle mémorable made in France.
Dans mon PRELUDE, j’enchaine les changements de bordé pour déposer comme je peux chaque saut, rouleaux et éviter de me remplir d’eau. Sinon je passe d’un canot de 18 kg à plus de 45 kg ! C’est plus la même chose. Du coup je m’arrête vider 4 fois avant d’arriver rôti de chez rôti dans le chaudron de la Green river: “Gorilla”. Je saute le premier verrou avec succé sauf que je vais m’échouer vraiment mal engagé pour enfiler “the nauch”. Daniel un copain posté en secu me tire de ce mauvais pas et m’aide à rembarquer. Je saute “the nauch” et m’écrase limite pour engager le saut dans le gorille en marche arrière et plein d’eau !!! Le carnage assuré.

Dans une ultime tentative d’esquimautage j’arrive à revenir dans un petit contre courant. Daniel est encore là pour m’aider à vider avant de me jetter entre les pattes du grand singe.
Le vol parfait avec seul et unique coup de pagaie. 1 seconde de pure miracle. Je percute de rouleau d’arrivée dans ma baignoire dans un ultime combat avec l’écume. Je savais qu’une fois passé même plein d’eau je rejoindrais l’arrivée .
Complètement vidé et rincé par cette course épic je rejoins le débarquement en canoë mes kayaks en remorque.
Aujourd’hui lendemain de Green race je fais les comptes. Un genou gonflé. je suis courbaturé comme rarement je l’ai été. Du coup je n’irais pas naviguer sur le Talluha river. L’adrénaline a poussée fort. Je suis cuit .
Je fini donc 3ème en kayak long. Je rempote le Bateau court et finis second la de la course en OC1 car le troisième canot engagé a nageé et perdu son matèriel. Eli Helbert s’impose en légende vivante de la Green river dans son canot L’Edge ESQUIF.
j’ai toujours entendu dire que la course en kayak long était la plus dure mais je crois surtout que ce petit nombre de canoteur à la pagaie simple qui s’engagent dans les “narrows” a été oublié. Après avoir réalisé la chose, je puis vous assurer que c’est la chose la plus dangeureuse et la plus terrifiante que j’ai faite !
Et j’en ai fait des trucs pas raisonnable.
Ces grande journée sur la Green race et la Russel Fok Race n’aurait jamais été sans l’aide de beaucoup d’entre vous qui via facebook, Adrénagliss, ou ESQUIF m’avez aidés à financer ce voyage.
Mille fois merci pour votre soutien.
J’attend la proclamation des points du provisoire de la coupe du monde de kayak extrême. Je pense prendre la ête du classement.
Merci à vous tous,
Eric
